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La fiction n'a jamais été aussi forte. C'est exactement le problème.

Une excellence créative qui tourne sur un moteur de financement conçu pour un monde qui n'existe plus. Le diagnostic complet, et les trois stratégies qui restent viables.

Keynote d'ouverture, Rencontres de la Nouvelle Fiction Française, Media Faculty / EICAR · Avril 2026

Le paradoxe

Sur le papier, tout est triomphant. Volume record, budgets record, audiences dominées de bout en bout. Aucune industrie en difficulté ne présente ces chiffres. Et pourtant, tous les piliers du financement reculent en même temps, ce qui, historiquement, ne s'était jamais produit.

Dans chaque crise passée, un acteur tenait. En 2009, le service public a absorbé le choc. En 2016, les plateformes sont arrivées avec l'argent magique. En 2026, les piliers reculent simultanément, et c'est ce qui rend ce cycle structurellement différent des précédents.

144 Md$
Dépenses vidéo, stables depuis trois ans. +0,4% de croissance annuelle depuis 2019.
40 Md$
Le CA publicitaire de YouTube, l'équivalent du CA cumulé des chaînes européennes.
21 %
La part du devis que les producteurs financent eux-mêmes, record absolu.

Le gâteau ne grossit plus. La question devient : quelle part êtes-vous encore capables de défendre ?

Le ciseau

Deux courbes se croisent. Le coût horaire de production monte sans relâche. La part assumée par les diffuseurs descend, jusqu'à un plancher historique. L'écart, quelqu'un le comble : c'est le producteur. Vous produisez, la chaîne couvre une fraction, et vous cherchez le reste, sur un projet dont les débouchés internationaux se sont resserrés.

Le producteur est devenu le banquier involontaire de sa propre industrie.

Le marché a tranché : usine ou haute couture

D'un côté, l'usine, feuilletons quotidiens, équipes à l'année, décors amortis sur des centaines d'épisodes, coût horaire divisé par trois. De l'autre, la haute couture, un club fermé, ultra-sélectif, où le coût horaire dépasse les trois millions. Entre les deux, le ventre mou disparaît mécaniquement.

Le chiffre qui dérange : les séries de 52 minutes représentent un quart du volume produit, mais près de la moitié du budget total. C'est le segment où la valeur se concentre, et celui où la sélection sera la plus brutale.

Le KPI a changé, votre pitch aussi doit changer

Avant 2022, les plateformes payaient pour l'acquisition : gagner des abonnés, peu importe le coût. On pitchait l'exceptionnel, l'ambitieux, le grand hit dont tout le monde parle. Depuis, elles paient pour la rétention : éviter le churn, garder les abonnés existants. On pitche le régulier, le confort, le procédural qu'on enchaîne après une longue journée.

Un projet ne se pitche plus comme une œuvre. Il se pitche comme la solution à un problème précis de votre client, et ce problème a changé.

Les trois stratégies viables

Stratégie A

L'usine

De l'artisanat à l'industrie lourde. Équipes à l'année, pools d'auteurs, décors amortis, et l'IA comme accélérateur de process, non comme substitut.

Stratégie B

Le premium absolu

La détention d'un actif rare qui oblige le marché à venir vers vous. Remonter vers les usines à IP : une œuvre sur cinq naît d'une adaptation littéraire.

Stratégie C

La rupture

L'audience avant le guichet. L'Europe comme marché domestique. L'alliance entre indépendants, le modèle United Artists, transposé.

S'y ajoute le levier le plus négligé : le catalogue comme rente. La moitié des heures visionnées sur les plateformes vient du catalogue, pas de la nouveauté. Le FAST et l'AVOD transforment un back-catalogue amorti en cash-flow récurrent, à une condition, avoir gardé ses droits.

La thèse

Les règles changent pour tout le monde en même temps. Dans les périodes de bascule, l'avantage ne va pas au plus grand. Il va au plus lucide.

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Le deck intégral, les données sourcées, les courbes du ciseau, l'avertissement américain, et le détail des trois stratégies.

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